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Banque en ligne ou néo-banque, les finances se démocratisent en Suisse

Swissquote a ouvert la voie il y a 25 ans. Depuis lors, d’autres banques de gré à gré ont couru vers la porte. Le dernier arrivé vient d’ouvrir ses portes à Genève avec 90 emplois créés et une ambition déclarée de franchir la barrière des prix.

Pour gagner la confiance de leurs clients, les banques n’ont plus besoin de positionner leurs agences sur la place Bel-Air à Genève ou la Bahnhofstrasse à Zurich. Pour ouvrir un compte, le client n’a besoin que d’un téléphone portable, d’une pièce d’identité et d’une dizaine de minutes.

L’idée de ne pas avoir de banquier pour gérer une partie de ses avoirs a séduit Stéphane Hugon il y a quelques années. L’utilisateur de la banque en ligne dispose de cartes néo-bancaires pour ses dépenses quotidiennes et travaille avec deux banques en ligne pour acheter et vendre des titres boursiers : “Le principal avantage de la banque en ligne est l’aspect dynamique, le fait de pouvoir acheter et vendre des actions, passer des ordres et obtenir les résultats immédiatement. De plus, vous obtenez un prix qui est un tiers plus bas que celui d’une banque traditionnelle”, explique-t-il.

Transactions gratuites

Transactions gratuites

Ce type de banque s’est multiplié en Europe au cours des cinq dernières années, mais ce marché en expansion est à la traîne en Suisse, selon Charles-Henri Sabet, le fondateur de FlowBank. Lire aussi : “Je n’ai jamais rien vu de tel” : la Bank of America affirme que des escrocs ont volé 2 milliards de dollars dans les fonds EDD de Californie.

La plus jeune des banques en ligne s’est installée dans le nouveau quartier de Lancy-Pont-Rouge à Genève avec 90 employés. Elle a commencé ses activités à l’automne dans le but de réduire les prix : “Aux États-Unis, ils proposent des systèmes qui ne font pas payer de commission. Aux États-Unis, nous proposons des systèmes qui n’acceptent aucune commission. Nous y parviendrons certainement en Suisse. En attendant, FlowBank sera certainement la banque la plus compétitive de Suisse”, déclare Charles-Henri Sabet.

L’entrepreneur, qui a fondé Synthesis Bank (aujourd’hui Saxo Bank) dans les années 90, ne cache pas son objectif à long terme de proposer des transactions gratuites. Mais il veut aussi rajeunir ce service. “La Suisse a toujours mis l’accent sur la banque privée et la conservation des avoirs de ses clients. Aujourd’hui, les exigences des clients changent et il est très important de proposer des technologies innovantes pour combler le vide qui existe dans ce pays”.

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Un marché démocratisé

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Swissquote, basée à Gland (VD), avait ouvert la brèche il y a 25 ans. Aujourd’hui leader en Suisse, la banque en ligne est désormais présente à Dubai, Hong Kong et Singapour. Voir l'article : Le directeur de l’UBS a intenté un procès aux Pays-Bas dès son entrée en fonction. En pleine expansion, elle construit une tour de 15 étages sur son siège vaudois pour accueillir 1700 employés.

Sa clientèle aussi ne cesse de croître: “Aujourd’hui, acheter une action sur un marché quelconque, c’est comme commander un billet d’avion sur internet”, compare Marc Burki, directeur de Swissquote. “La technologie a démocratisé des choses qui étaient réservées à des gens ultra-spécialisés.”

Manque d’innovation des banques traditionnelles

Manque d

Pour Jean-François Lagassé, associé chez Deloitte et spécialiste en Banque & Finance, cette expansion des banques en ligne s’est faite au détriment des banques traditionnelles qui ont raté le virage des fintech: “Au cours des 5 ou 6 dernières années, les avoirs gérés des banques se sont accrus de plus de 40%. Durant cette même période, les revenus et les marges d’intérêt ont diminué de 10%. On explique cela aussi par l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché”. A voir aussi : La banque fédérale de prêts au logement de Cincinnati annonce les résultats des élections des administrateurs.

Ces “nouveaux entrants” sont non seulement les banques en ligne comme Swissquote, qui offrent des commissions de courtage sur titres à des tarifs préférentiels, mais aussi depuis depuis cinq ans de nouveaux acteurs dans d’autres secteurs, comme celui des cartes de crédit. Parmi ces banques mobiles, le britannique Revolut, l’allemand N26 ou le suisse Neon.

Récupérer

“Depuis la crise financière, les banques ont dû adopter une série de réglementations importantes, qui les a mises en retard par rapport à l’adoption de nouvelles technologies. Lire aussi : Crédit Mastercard Comparateur de credit. Ces technologie ont été adoptées par les fintech, qui elles se sont engouffrées dans la brèche pour gagner des parts de marché”, explique Jean-François Lagassé.

Pour l’heure, les banques classiques continuent à délivrer leur service avec conseil payant inclus. Mais l’expert de Deloitte précise que les banques traditionnelles sont actuellement en train de combler leur retard. Certaines ont créé leur propre néo-banque, comme Zak, par la banque Cler, ou Alpian, lancée par Reyl. Aux Etats-Unis, certaines banques, comme JP Morgan, préfèrent agir comme des sociétés pharmaceutiques en rachetant des start-up, des fintech ou des néo-banques qu’elles intégrent directement au groupe.

Un vent nouveau souffle certainement sur la place financière helvétique et ce n’est sûrement pas un hasard si le nouveau patron d’UBS a été recruté pour ses qualités d’acteur de la digitalisation bancaire.

Philippe Lugassy et Feriel Mestiri