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Chronique économique – L'économie va rebondir grâce à la vaccination

Chronique économique - L'économie va rebondir grâce à la vaccination

Il est peu probable que le nouveau coronavirus disparaisse seul de nos vies. Ainsi, quelles que soient les inquiétudes, les réticences ou le scepticisme autour de multiples vaccins, ils restent notre seule chance crédible de retrouver un peu de tranquillité d'esprit dans notre vie quotidienne. Pour les économistes, «le» vaccin est la clé de voûte de la reprise.

Une reprise qui sera portée, au niveau mondial, par un rebond vigoureux du commerce mondial.

Une reprise également portée par un retour du consommateur sur le devant de la scène grâce à une liberté de mouvement retrouvée, une reprise progressive de l'emploi, et les économies accumulées en 2020, par précaution ou tout simplement par manque d'opportunités.

Bien entendu, cette économie du secteur privé a été possible grâce à la réactivité phénoménale des États. Les gouvernements des pays du G20 ont dépensé 6,6% de leur richesse nationale (PIB) pour traverser cette crise. À titre de comparaison, les dépenses pendant la crise de 2008 ont représenté 4,3% de leur PIB.

L'effet de cette accumulation de dette publique à long terme est un débat à part entière. Mais il est indéniable que ces dépenses nous permettent aujourd'hui de marcher sur nos deux pieds.

Pour l'heure, la soutenabilité de cette dette – ainsi que sa capacité à continuer à jouer son rôle anticyclique si nécessaire en 2021 – est assurée par des politiques monétaires accommodantes. Clairement, les taux resteront bas en 2021, 2022, et probablement au-delà… sauf en cas de fort retour de l'inflation.

Certes, une sortie de désinflation cette année est le scénario le plus probable dans un contexte de reprise économique. Mais l'inflation obligeant les banques centrales à devenir restrictives l'est beaucoup moins. Nous sommes loin du plein emploi, la demande reste contenue et il reste encore un long chemin à parcourir pour revenir aux niveaux de PIB potentiel selon les tendances d'avant la crise.

L'empressement avec lequel les progrès des campagnes de vaccination sont désormais relayés n'est donc pas surprenant. Et même si le progrès global est clair – plus de 25 millions de personnes sont déjà vaccinées dans le monde -, il est intéressant de voir émerger de fortes inégalités régionales.

Avec à peine environ 40% de la population prête à se faire vacciner, la France aura logiquement plus de difficulté à obtenir l'immunité collective que les États-Unis, où près de 70% des Américains souhaitent se faire vacciner. D'autres pays, comme Israël, qui a déjà vacciné 1,8 million de personnes, soit 20% de sa population (au 10 janvier 2021), sont la preuve qu'il n'est pas impossible d'aller vite et loin.

Mais cette question peut aussi être considérée comme un luxe. Au Mexique ou au Brésil, 80% de la population souhaite se faire vacciner. Le premier n'a pu vacciner que 0,05% à ce stade, et le gouvernement du second n'a encore approuvé aucun vaccin. L'immunité collective en Amérique latine n'est attendue qu'en mars 2022, un an après les États-Unis.