Commerce – Cuba s’ouvre au secteur privé pour relancer son économie

Commerce - Cuba s'ouvre au secteur privé pour relancer son économie

Depuis la révolution socialiste dirigée par Fidel Castro en 1959, l’État contrôle l’ensemble de l’économie cubaine.

Depuis la révolution socialiste dirigée par Fidel Castro en 1959, l'État contrôle l'ensemble de l'économie cubaine.

L’économie cubaine a chuté de 11% en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, qui a privé Cuba de précieuses devises des touristes. Lire aussi : combien de temps la banque conserve les relevés de compte.

Cuba a annoncé samedi que l’activité privée serait désormais autorisée dans la plupart des secteurs, une réforme majeure dans le pays où l’Etat et ses entreprises dominent l’économie, durement touchés par la pandémie. La mesure, dévoilée en août dernier par la ministre du Travail, Marta Elena Feito, a été approuvée vendredi en Conseil des ministres, selon le quotidien officiel « Granma », du parti communiste au pouvoir.

«C’est une étape énorme et historique», commente sur Facebook Oniel Diaz, entrepreneur et patron du cabinet de conseil Auge, qui conseille une cinquantaine d’entrepreneurs privés cubains. La révolution socialiste dirigée par Fidel Castro en 1959 a entraîné une vague de nationalisations et de contrôle étatique sur l’ensemble de l’économie cubaine.

L’ouverture au secteur privé a commencé provisoirement dans les années 1990 avant d’être pleinement autorisée en 2010, même si son véritable boom remonte au réchauffement historique entre Cuba et les États-Unis initié fin 2014 sous Barack Obama. Mais il est resté confiné à une liste d’activités fixée par l’État. «La liste précédente de 127 activités (autorisées) est éliminée», a déclaré le ministre du Travail. A l’inverse, désormais, une liste fixera les secteurs réservés à l’Etat, qui ne seront qu’une minorité: «sur plus de 2000 activités dans lesquelles l’exercice du travail privé est autorisé (…), ne sera pas limité, partiellement ou totalement, que 124 », a-t-elle expliqué, sans plus de détails.

« Augmenter l’emploi »

Les secteurs stratégiques tels que la presse, la santé et la défense doivent rester fermés à l’activité privée. « Que le travail privé continue de se développer, c’est l’objectif de cette réforme de l’amélioration » du secteur, a assuré le ministre.

La réforme est « une étape importante pour augmenter l’emploi », a déclaré le ministre de l’Economie Alejandro Gil sur Twitter. Il va « dans le même sens que l’unification monétaire » qui est entrée en vigueur début janvier. Ces deux réformes visent à relancer l’économie: elle a chuté de 11% en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, qui a privé Cuba de précieuses devises aux touristes.

La libéralisation du secteur privé est « une étape très positive, même si elle arrive tard », car « jusqu’à présent le travail privé a fonctionné de manière très limitée » sur l’île, commente l’économiste Ricardo Torres à l’AFP. de l’Université de La Havane. « Il fallait accompagner l’unification monétaire par des mesures pour assouplir la création d’emplois » et c’est précisément dans le secteur privé que « il peut y avoir une source importante d’emplois », ajoute-t-il. il.

Plus de 600 000 Cubains travaillent dans le secteur privé, soit 14,5% de la population active, sur cette île de 11,2 millions d’habitants. Ils sont principalement utilisés dans la gastronomie, les transports (taxis) et la location de chambres aux touristes.

Et les PME?

Selon le ministre du Travail, le secteur privé « a été durement touché par le renforcement de l’embargo américain » sous l’administration de Donald Trump et « aussi par les effets de la pandémie », qui a poussé nombre d’entre eux à suspendre leur licence (jusqu’à 40% du total selon les chiffres officiels). Oniel Diaz salue à juste titre la ténacité des entrepreneurs privés qui, depuis des années, « ont su mettre en place des activités contre toute attente » et malgré « la pénurie de matières premières, des réglementations déficientes et des sanctions économiques ».

Le « nouveau scénario avec une multiplication exponentielle des possibilités ouvre une voie sur laquelle il n’y aura pas de retour en arrière, de sorte que nous jouons un rôle de plus en plus important dans l’économie nationale ». Pour faciliter les choses, le gouvernement a également annoncé la création d’un guichet unique pour demander une licence dans le secteur privé. «Il est important que les choses se passent bien», a souligné le Premier ministre Manuel Marrero.

Mais il y a une demande non résolue: la possibilité de créer des petites et moyennes entreprises. Sur Twitter, l’économiste Pedro Monreal se demande si cette réforme «sera la première» avant l’approbation des PME, que le gouvernement étudie depuis 2016. «La réforme doit donner la priorité aux PME privées car elles offrent un meilleur potentiel de productivité pour les travailleurs, « il a dit.

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