HSBC sous pression de ses actionnaires pour arrêter de financer les énergies fossiles

HSBC sous pression de ses actionnaires pour arrêter de financer les énergies fossiles

Un groupe d’actionnaires a soumis une motion demandant à la première banque d’Europe de présenter un plan annuel pour réduire ses financements des entreprises polluantes.

La pression sur les banques pour arrêter de financer les industries polluantes et aider à lutter contre le changement climatique s’accentue. Lundi 11 janvier, un groupe d’actionnaires a soumis à HSBC une résolution exigeant que celle-ci publie un plan annuel pour réduire ses financements des entreprises polluantes. Les défenseurs de la motion, coordonnés par l’association britannique ShareAction, comprennent d’importants investisseurs institutionnels, dont Amundi, géant français de la gestion d’actifs, La Banque postale Asset Management et Man Group, le plus gros fonds spéculatif coté au monde.

Les actionnaires ont atteint la taille critique nécessaire – plus d’une centaine au total – pour que leur résolution soit débattue de droit lors de l’assemblée générale annuelle de HSBC, qui doit se dérouler le 24 avril. Ils exigent que la banque explique sa stratégie « de court, moyen et long terme pour réduire son exposition aux actifs des énergies fossiles ».

La première banque d’Europe a annoncé en octobre qu’elle s’engageait à ce que les activités qu’elle finance atteignent « la neutralité carbone d’ici à 2050 ou plus tôt ». Mais ShareAction estime que c’est trop vague. « C’est du très long terme, pour dans trente ans. Il faut qu’on voit ce que HSBC s’engage à faire dans deux, trois ou cinq ans », explique Jeanne Martin, de ShareAction. Dans leur résolution, les actionnaires demandent que la banque publie un plan d’étape annuel.

Engagement de bon sens

Engagement de bon sens

La question est maintenant de savoir si la direction de HSBC va officiellement recommander aux actionnaires de soutenir cette résolution. Elle refuse pour l’instant de se prononcer, se contentant d’indiquer qu’elle « est en dialogue positif avec ses clients, ses actionnaires et ShareAction ».

Malgré son annonce d’octobre, HSBC continue à être très présente dans les énergies fossiles. Selon le Rainforest Action Network, l’établissement a financé des entreprises de cette industrie à hauteur de 87 milliards de dollars entre 2016 et 2019, ce qui en fait la douzième banque la plus active au monde dans ce secteur (les trois premières sont les américaines JPMorgan Chase, Wells Fargo et Citi).

Elle reste en particulier très présente dans le charbon. Pour Natasha Landell-Mills, de Sarasin & Partners, une des sociétés de gestion derrière la résolution, un engagement de HSBC serait non seulement positif pour la planète, mais serait aussi de bon sens pour ses propres intérêts financiers : « Plus le conseil d’administration expliquera sa stratégie tôt, moins la transition sera brutale. »

Cette motion participe d’un vaste mouvement pour que la finance prenne sa part dans la lutte contre le changement climatique. En se détournant des industries les plus polluantes, les banques ont un rôle majeur à jouer. Elles sont aussi sous pression des régulateurs, qui craignent qu’elles se retrouvent avec des actifs soudain dévalorisés, par exemple des compagnies pétrolières dont la valeur s’effondrerait brusquement.

Eric Albert(Londres, correspondance)

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