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Jean-Michel Servet: “Mieux vaut s’endetter pour remettre son économie sur les rails”

Jean-Michel Servet: "Mieux vaut s'endetter pour remettre son économie sur les rails"
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277 billions de dollars. C’est le montant estimé par l’Institut International de Finance du niveau d’endettement dans le monde en 2020. Un montant qui représente 365% du PIB. En 2021, deuxième année de la pandémie, la montagne de dettes devrait atteindre de nouveaux sommets. Le président américain Joe Biden a annoncé les couleurs en présentant un nouveau plan de relance d’urgence de 1900 milliards de dollars pour sortir le pays de sa pire crise depuis les années 1930. Quelles conséquences cette dette aura-t-elle sur l’économie mondiale et nationale? Comment vivre avec ? Devrions-nous annuler la dette? L’éclairage par Jean-Michel Servet, professeur honoraire à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, notamment spécialiste des monnaies complémentaires alternatives. Et aussi membre du conseil scientifique de la fondation Zoein. Entretien.

Jusqu’en 2020, les dirigeants politiques affirmaient leurs mains sur le cœur qu’ils ne disposaient pas de ressources suffisantes pour financer les dépenses sociales et les équipements publics essentiels pour lutter contre le réchauffement climatique. Et puis, pour lutter contre la pandémie, des milliards ont été et sont toujours déversés en un temps record. Comment l’expliquez-vous?

La crise qui a suivi la pandémie n’a rien de commun avec d’autres crises économiques et financières connues dans le monde. Il a affecté immédiatement et simultanément l’offre et la demande. Avec le risque de perturbation rapide des systèmes de production et d’échange, compte tenu de l’interdépendance des activités économiques et des effets de bouclage sur les revenus et les dépenses. Un large consensus s’est donc dégagé faisant de la réponse à cette crise une urgence absolue avec la nécessité de soutenir à la fois l’offre et la demande, ce qui a entraîné un coût plus élevé. À cela s’ajoutait une croyance largement répandue que cette crise serait de courte durée, il était donc nécessaire de frapper fort immédiatement car cela ne devrait pas être fait longtemps. Au contraire, répondre aux défis de la crise climatique par des investissements à grande échelle ne semble pas si urgent aux yeux de presque tous les dirigeants politiques. De plus, pour certains d’entre eux conseillés par des pseudo-experts, le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité sont des phénomènes discutables. C’est dire si, dans la hiérarchie donnée aux urgences et les moyens à mobiliser pour y faire face, la dimension politique voire idéologique joue un rôle non négligeable.

Pourquoi n’y a-t-il pas unanimité parmi les économistes pour proposer des solutions qui font consensus?

Les concepts d’économie ne sont pas des outils totalement neutres sans rapport avec la dimension politique et idéologique que je viens d’évoquer. Depuis sa formation aux XVIIe-XVIIIe siècles comme discipline autonome du savoir qui s’est progressivement distinguée de la morale puis de la politique, les explications apportées par la science économique ont été traversées par des conflits entre différentes écoles de pensée plus ou moins liées à l’intérêt. groupes. A chaque crise, ces écoles proposent leurs explications et solutions. Depuis les années 1980, le courant dominant – généralement appelé néolibéralisme et qui a succédé aux interventions publiques initiées par le keynésianisme – a mis l’accent sur la concurrence, les intérêts et la propriété privée. L’argent et la finance ont été ses outils d’intervention privilégiés. Depuis lors, pendant environ un demi-siècle, les interventions économiques publiques ont considérablement diminué. L’Etat s’est contenté de promouvoir le développement de la logique de la privatisation. C’est ce qui explique le débat amer sur la manière de financer les conséquences de la crise sanitaire.

En dehors de l’État et du marché, pas d’autre moyen?

Oui heureusement! A côté de l’Etat et du marché, une troisième voie a émergé dans la pensée économique: celle de la société civile et de la gestion des communs. Il s’agit de ressources naturelles, matérielles ou culturelles partagées et gérées collectivement par une communauté qui leur assigne des règles précises de distribution, de préservation et de promotion. La finance et l’argent peuvent tous deux être considérés comme des biens communs. Mais aucun consensus n’émerge parmi les économistes pour favoriser telle ou telle dimension.

Faillites en perspective sans explosion du chômage en Suisse

Que se serait-il passé si les gouvernements n’étaient pas intervenus pour soutenir «les économies»?

Sans soutien, le chiffre d’affaires de dizaines d’entreprises se serait effondré et elles auraient rapidement licencié massivement. Le chômage aurait explosé. La demande des ménages aurait fortement chuté en raison de la baisse de leur pouvoir d’achat et de l’investissement des entreprises. Le résultat est une récession profonde et durable, qui serait bien pire qu’un ralentissement temporaire de l’activité économique. Qui plus est, cette baisse de la production, des échanges et des revenus entraînerait une forte baisse des recettes fiscales des États, compromettant leur capacité à s’endetter davantage et à rembourser leurs dettes, si on pense que c’est nécessaire. être remboursé. Une situation également très défavorable, nous en conviendrons, pour la nécessaire intégration de la transition écologique.

Dès que les aides publiques cesseront, allons-nous assister à une explosion de faillites et de chômage massif, y compris en Suisse?

Il est toujours difficile de raisonner dans ce domaine en moyenne tant en termes d’emploi que de faillites. Les activités et les localités sont affectées différemment. Le secteur horloger suisse, par exemple, est touché par ses exportations, qui ont chuté d’un quart en 2020. Cependant, c’est le troisième secteur exportateur du pays et le canton de Neuchâtel est celui qui concentre le plus d’emplois. Aujourd’hui, l’un des secteurs les plus vulnérables de la Suisse est bien entendu l’hôtellerie et la restauration. C’est peut-être là que les faillites d’entreprises seront les plus fréquentes avec des effets d’entraînement sur leurs fournisseurs. Cependant, étant donné que la Suisse emploie une forte proportion de travailleurs étrangers dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, y compris ceux qui travaillent pour des frontaliers, ce sont les pays d’origine de ces salariés qui sont les plus susceptibles d’être touchés en termes de chômage. Les statistiques suisses peuvent ainsi montrer des pertes d’emplois sans que cela se traduise aux niveaux national et local par une forte hausse du chômage.

Une inflation élevée n’est vraiment pas le problème

Y a-t-il un risque de stagflation, c’est-à-dire une combinaison de stagnation économique et de hausse des prix?

Concernant l’emploi et le volume de production, à l’exception des interventions publiques de grande ampleur, on s’oriente davantage vers un faible niveau d’activité, avec comme toujours des disparités importantes entre secteurs et zones géographiques. Une erreur des économistes est trop souvent de raisonner sur des moyennes qui masquent des disparités considérables.

Qu’en est-il de l’évolution prévisible des prix?

Le mandat monétaire actuel des banques centrales est centré sur la lutte contre l’inflation. Mais en faire le principal ennemi aujourd’hui revient à promouvoir les skis alpins au Sahara en attendant une glaciation similaire à celle que notre planète a connue il y a 12 000 ans.

Donc pas de soucis pour la stabilité des prix?

Ne soyons pas naïfs. L’indice des prix est trompeur car il ignore les actifs financiers et immobiliers. Cependant, leur augmentation marque l’ampleur d’une économie spéculative, dont toute réforme monétaire, financière et fiscale sérieuse devrait prendre en compte. L’augmentation des prix des biens immobiliers et financiers est un facteur clé de l’augmentation des inégalités entre patrimoines (notamment entre les nationaux ayant reçu un héritage et les personnes d’origine immigrée). Si la valeur de la richesse croît plus que celle des revenus, les inégalités s’aggravent entre les ménages les plus riches et les ménages les plus pauvres. Un climat social délétère pourrait donc générer des mouvements sociaux qui se traduiraient par des augmentations des salaires nominaux conduisant à des prix plus élevés. Joan Robinson, économiste proche de Keynes, avait parlé à ce propos de «barrière inflationniste», considérant ces variations de revenus et de prix comme une forme de lutte sociale.

Un peu d’inflation, n’est-ce pas une bonne solution pour réduire l’endettement?

En effet, une hausse modérée des prix de 5% par an par exemple permet en un peu plus de douze ans de diviser par deux la valeur en termes réels d’une dette. Mais si une hausse des prix entraînait une hausse des taux d’intérêt, elle abaisserait automatiquement le prix des anciennes obligations émises à des taux d’intérêt inférieurs. Un problème pour les fonds de pension et d’assurance. En termes réels, c’est-à-dire compte tenu de l’inflation, le remboursement de la dette serait en effet plus faible. Mais il faut se débarrasser de l’illusion que des taux d’intérêt bas ou nuls encouragent automatiquement l’endettement au profit de la consommation et de l’investissement. La capacité et la volonté des ménages et des entreprises de s’endetter dépendent de leur dette passée, accumulée au fil des ans. Si cet endettement est massif, la baisse des taux d’intérêt peut être totalement inefficace pour stimuler la croissance d’entreprises utiles. Elle servirait surtout à dynamiser davantage les investissements spéculatifs.

Un remboursement à géométrie variable

Où allons-nous trouver les fonds pour rembourser toutes ces dettes accumulées?

Les fondations et autres organisations privées, autrefois louées pour répondre aux besoins de la société et même remplacer les interventions publiques, sont incapables de mobiliser les milliards nécessaires pour distribuer l’aide sociale et économique en faveur des secteurs touchés par la pandémie; ils ne sont pas en mesure de répondre aux besoins du secteur de la santé. Seules les autorités publiques, au niveau international, national, régional ou local peuvent le faire. Cependant, ces structures publiques ne disposent pas de fonds de réserve pour couvrir ces dépenses imprévues.

Poser la question suppose donc que toute dette, quel que soit le bénéficiaire du crédit, doit être remboursée; en d’autres termes, la comptabilité d’un Etat est de même nature que celle d’une entreprise ou d’un ménage vis-à-vis de la contrainte d’équilibre de ses revenus et dépenses. Un ménage ou une entreprise doit rembourser le capital emprunté et les intérêts; à moins de revenir au jubilé de la dette pratiqué tous les cinquante ans au Moyen-Orient dans l’Antiquité et que la Bible évoque. Une idée au cœur du travail d’un historien économiste américain, Michael Hudson, dont une anthologie de ces ouvrages traduits en français paraîtra en mars sous le titre Dette, rente et prédation néolibérale. Il a été une grande source d’inspiration pour un anthropologue bien plus connu, David Graeber.

Si la dette publique est vendue sur les marchés financiers, elle n’est plus différente de la dette privée et plusieurs scénarios se présentent. S’il en a la capacité, le gouvernement peut se tourner vers les marchés financiers à l’échéance de la dette et contracter un nouveau prêt pour rembourser l’ancienne dette. On dit qu’il “roule la dette”. Il ne paie alors que les intérêts de sa dette et ne rembourse presque jamais le capital. En période de baisse des taux d’intérêt, la transaction profite à l’emprunteur. Mais la croyance que les dettes gouvernementales pourraient être renouvelées à jamais est préoccupante. Il s’agit d’une politique d’autruche révélatrice d’un manque de transparence et de courage politique.

Pourquoi est-il si inquiétant de renouveler sa dette?

Si les taux d’intérêt sont maintenus à des niveaux très bas, les États peuvent, comme nous venons de le mentionner, se réendetter pour couvrir leurs dettes passées et les répercuter, comme on dit, sur la génération suivante. Compte tenu de la baisse des taux d’intérêt, le coût de la dette publique a ainsi pu baisser depuis le début des années 2000 dans un grand nombre de pays. Lorsque les dépenses publiques permettent de construire des équipements publics et d’améliorer le niveau d’éducation et de santé de la population, elles profitent ainsi à la génération suivante. Il n’y a rien de choquant dans cette évolution de la dette au fil du temps, bien au contraire. Cependant, si les taux d’intérêt des prêts devaient à nouveau augmenter, la charge à rembourser chaque année augmenterait considérablement au détriment même des dépenses publiques comme celle que je viens de mentionner.

Quelles sont les autres solutions possibles?

Le gouvernement peut prélever des impôts directs et indirects pour rembourser les intérêts et le principal. Il peut également disposer de ressources naturelles ou d’entreprises publiques qui lui fournissent des revenus. Nous voyons certains États vendre des biens nationaux (aéroport, terrains, autoroutes, etc.) sous la pression de leurs créanciers.

Enfin, tant que la dette publique non vendue sur les marchés financiers est toujours détenue par la banque centrale, il n’y a aucune obligation de la rembourser. Elle peut alors être traitée dans son bilan comme “une dette perpétuelle”. Les premiers exemples remontent au Royaume-Uni au milieu du 18e siècle. La justification d’une telle mesure est que la banque centrale joue son rôle d’institution publique au service de la nation vis-à-vis de l’État et que les citoyens créanciers sont également des citoyens débiteurs.

Quels sont les éléments qui inciteront les États à choisir telle ou telle formule?

Comme le dit un adage lyonnais: “Il ne suffit pas de dire, il faut le faire”. Traduit en termes économiques: c’est une question de capacité économique et financière et une question de volonté politique. Tous les pays ne semblent pas à leurs créanciers potentiels se trouver dans la même position de solvabilité. On parle ici de crédibilité financière. La situation de l’Allemagne aujourd’hui n’est pas celle du même pays en 1950, qui voyait alors ses dettes s’annuler pour lui permettre de se remettre sur l’eau; ce que beaucoup d’Allemands, prônant une politique d’austérité pour les pays du sud de l’Europe, semblent désormais avoir oublié. Les pays ne sont donc pas libres de mener la politique monétaire et financière de leur choix. Mais, en même temps, on peut remarquer que les décisions prises en la matière dépendent largement du type d’idéologie, pro-marché ou pro-état, que j’ai évoqué au début de cet entretien.

Les vertus de la maîtrise de la dette

Y a-t-il une limite à la dette publique?

S’agissant de la relation entre le montant global de la dette et le revenu national, l’histoire montre qu’il n’y a pas de plafond. La limite peut résider dans les capacités financières du remboursement annuel des intérêts et du principal. Lorsqu’un État est endetté, l’idée qui vient le plus spontanément à l’esprit est qu’il doit réduire sa dette le plus rapidement possible. Cependant, l’observation des crises passées, telles qu’elles ont été analysées notamment par Pierre Dockès dans Capitalisme et ses rythmes, quatre siècles en perspective et Splendeurs et misère de la croissance, montre qu’il peut être souhaitable que davantage de dette pour obtenir son économie à flot. Les États qui appliquent le plus rapidement une austérité sévère pour rembourser leurs dettes seront également ceux qui auront le plus de mal à s’en sortir.

Il n’y a donc pas de limite à l’injection monétaire?

Si, bien entendu, ce sont les capacités productives matérielles et humaines (autrement dit, l’offre) qui doivent pouvoir répondre à la demande. Sinon, effectivement, le déséquilibre entre une masse monétaire croissante et une quantité insuffisante de biens et de services fait monter les prix. Une autre conséquence possible de la sursouscription de la monnaie nationale est la détérioration du taux de change, qui ne se produit pas si la plupart des pays acceptent de pratiquer la même politique d’injection monétaire.

Tôt ou tard, une augmentation d’impôt n’est-elle pas inévitable?

Une augmentation d’impôt n’est pas en soi négative si elle correspond à l’augmentation des revenus et des dépenses des entreprises ainsi que des ménages, qui sont la matière première de ces prélèvements. A niveau de prélèvement constant, si la dette publique a été vendue sur les marchés financiers, l’Etat doit soit la rembourser (d’où une réduction des dépenses publiques) soit contracter de nouvelles dettes pour rembourser les dettes passées. Mais s’il s’agit d’une dette perpétuelle, comme indiqué précédemment, il n’est pas nécessaire de la rembourser en augmentant les impôts et en réduisant les prestations sociales et les dépenses publiques. Cette dette perpétuelle permettrait même, en cas de surchauffe économique, que l’État, en décidant de le rembourser en tout ou en partie, retire plus qu’il ne dépense. Mais nous n’en sommes pas encore là!

Annuler la dette, plus facile à dire qu’à faire

Ne serait-il pas plus sage à la fin d’annuler complètement toutes ces dettes?

Une dette perpétuelle qui ne rapporte rien peut logiquement être annulée par accord entre le créancier de la banque centrale et le débiteur du trésor public, dans la mesure où les statuts de la banque centrale le permettent. Mais si les dettes ont été vendues sur les marchés financiers et qu’il y a donc des créanciers propriétaires de ces dettes, comme des fonds de pension ou des fonds d’assurance, un État peut toujours déposer le bilan. Mais alors il aura beaucoup de mal à se présenter comme un emprunteur sur les marchés financiers. La solution la plus simple, comme nous l’avons vu, est, à moins que les taux d’intérêt n’augmentent, que de nouvelles dettes soient émises pour remplacer les précédentes. C’est la pratique depuis longtemps.

Une banque centrale qui adopte la formule de défaut de paiement ne perdrait-elle pas toute crédibilité?

C’est l’avis d’un certain nombre d’experts qui estiment que dans ce cas, les financiers n’auraient plus confiance dans la monnaie de cette banque centrale. Il y aurait donc un grand risque qu’il fasse l’objet d’attaques spéculatives et que son prix s’effondre. Si ce type de politique était appliqué suite à un accord international entre banques centrales et donc si les spéculateurs n’avaient aucun intérêt à spéculer à la baisse contre une devise en acquérant d’autres devises – puisque tout serait impliqué – évoquer ce type de risque n’aurait aucun sens. La coordination des politiques de la banque centrale est ici essentielle.

Les devises supplémentaires sont les bienvenues

Une généralisation des monnaies complémentaires aurait-elle permis de changer la donne en déconnectant l’économie réelle de la finance internationale?

Les monnaies complémentaires comme le Léman à Genève, la Gonette à Lyon ou l’Eusko au Pays basque, sont des moyens de paiement dont la valeur est totalement associée à celles des monnaies nationales ou fédérales. Ils sont obtenus par échange contre eux. Il n’y a pas d’autonomie comme dans le cas des unités de systèmes locaux d’échange (LLS). En revanche, ces monnaies complémentaires peuvent développer des circuits monétaires parallèles indépendants de la circulation de la monnaie scripturale bancaire. Ils encouragent les circuits économiques locaux courts. La déconnexion pourrait donc se faire par l’émission de bons de paiement par les autorités locales. Ces derniers paieraient leurs dépenses aux entreprises locales, participeraient à la distribution des aides sociales et culturelles ainsi que des primes à leurs employés. Ces bons de paiement pourraient circuler localement et être finalement utilisés pour payer les services des communautés locales et les taxes qu’elles prélèvent. Les lois devraient encore le permettre.

Interview de Philippe Le Bé.