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La Banque nationale suisse renonce à son effet de levier

La Banque nationale suisse renonce à son effet de levier

Publié le vendredi 29 janvier 2021 à 20:24

Modifié le vendredi 29 janvier 2021 à 20:38

La Banque nationale suisse (BNS) a-t-elle cédé à la pression ou a-t-elle voulu l’empêcher de devenir trop grosse? Le communiqué de presse publié vendredi soir, après la fermeture de la bourse suisse, ne le laisse évidemment pas entendre. En tout cas, il a surpris les économistes puisqu’il n’était attendu que dans quelques semaines.

Un versement de 6 milliards en 2020

Un versement de 6 milliards en 2020

Le nouvel accord entre le Département fédéral des finances et la BNS ouvre la porte à une augmentation des versements de ses bénéfices aux pouvoirs publics. Lire aussi : Prix de la plongée bancaire pour 2020. Couvrant la période 2020 (avec effet rétroactif) à 2025, il prévoit que l’organe de politique monétaire suisse peut distribuer jusqu’à 6 milliards de francs aux cantons et à la Confédération, à la condition expresse que sa situation financière le permette.

Le mécanisme prévoit une base de 2 milliards de francs, montant payé si un bénéfice au moins équivalent est inscrit au bilan. Il existe également quatre distributions supplémentaires possibles de 1 milliard de francs chacune. Celles-ci sont réalisées si le bénéfice porté au bilan atteint 10, 20, 30 ou 40 milliards de francs.

Les conditions d’une distribution maximale étant réunies pour l’exercice 2020, un montant de CHF 6 milliards sera versé à la Confédération et aux cantons. Début janvier, la BNS a annoncé qu’elle prévoyait un bénéfice de 21 milliards de francs pour cet exercice. Après avoir intégré les réserves pour les distributions futures, elle portera un montant de 98 milliards à son bilan.

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Une étape jugée insuffisante

À lire: La BNS prévoit un bénéfice de 21 milliards de francs en 2020 Sur le même sujet : iban fr76 quelle banque.

Pour Sergio Rossi, professeur de politique monétaire à l’Université de Fribourg, le nouvel accord représente un “petit pas, encore bien insuffisant”. Selon lui, la BNS devrait décider d’une distribution extraordinaire plus large et, dans les circonstances actuelles, directement à la population. En décembre, 84 milliards de francs de réserves figuraient au bilan de la banque.

Avec d’autres économistes, Charles Wyplosz a créé il y a quelques semaines un observatoire de l’institut d’émission monétaire. Sans aller jusqu’à Sergio Rossi sur les mécanismes à mettre en œuvre, il qualifie l’opération réalisée de “petit nettoyage de surface”. Il observe que depuis que la Banque nationale est devenue active sur le marché des changes, sa nature a changé, ce qui pose des questions fondamentales sur le mode de redistribution de ses bénéfices.

A ses yeux, la publication rapide de ce nouvel accord vise à éviter de faire saliver «certains cantons». Pas sûr, cependant, que cela soit pleinement suffisant pour calmer les revendications de certains hommes politiques face à l’ampleur de la crise actuelle. La Confédération a dépensé 31 milliards de francs l’an dernier pour atténuer l’impact des mesures prises. Si janvier n’est pas terminé, il a déjà engagé 15 milliards de francs pour 2021.