OUVRIR UN COMPTE BANCAIRE GRATUIT !

La bourse (presque) toujours gagnante … sur le long terme

La bourse (presque) toujours gagnante ... sur le long terme

Si certains sont sans doute préoccupés à juste titre par la fièvre spéculative sur les principaux marchés financiers, à commencer par la bourse américaine, il est bon de prendre du recul. Surtout depuis le printemps dernier où la chute des marchés actions a été suivie d’un très fort rebond, permettant aux investisseurs de terminer l’année sur un résultat clairement positif.

Avec une telle réaction des marchés, vous pourriez presque penser que si vous serrez les dents à chaque effondrement des prix, vous n’auriez qu’à attendre quelques semaines pour que les prix remontent. En profitant de l’occasion pour magasiner lorsque les prix atteignent leur plus bas C’est une stratégie simple, probablement un peu simpliste …

Pour s’en convaincre, on peut consulter avec profit la mise à jour de la célèbre étude de Pictet Wealth Management, qui compare la performance des actions et obligations suisses entre 1926 et 2020. Ce marché est évidemment particulier puisqu’il est dominé par Nestlé et les grandes sociétés pharmaceutiques , à savoir Novartis et Roche. Mais c’est précisément son intérêt, puisqu’il s’agit de firmes multinationales dont le comportement boursier est fortement influencé par les prix de leurs principaux concurrents sur les grandes bourses du monde.

Les marchés boursiers peuvent chuter à long terme

Cette étude met ainsi en évidence la surperformance en valeur réelle des actions par rapport aux obligations sur l’ensemble de la période, comme le montre le graphique ci-dessus, dans une représentation logarithmique. Mais 94 ans, c’est très long … C’est pourquoi nous devons examiner de plus près ces données. Car, contrairement à une idée reçue par le grand public, habitué à la hausse quasi continue des marchés depuis une dizaine d’années, les marchés boursiers peuvent subir des pertes sur le long terme, comme le marché suisse.

Comme l’écrivent les analystes de Pictet: «(…) sur 5 ans, le marché suisse des actions a connu plusieurs périodes d’investissement qui ont généré des pertes. Sur 10 ans, les périodes de perte ont été nettement moindres. Notre analyse des rendements historiques montre que sur des périodes d’investissement supérieures à 13 ans, les actions suisses n’ont subi aucune perte au cours des 95 dernières années (à l’exception du krach de 1929). “

Ces statistiques peuvent être rassurantes même si elles nous rappellent que tout peut arriver sur les marchés, surtout si l’on prend en compte le krach de 1929, et que le passé n’est pas forcément un bon indicateur. Car si le comportement humain reste fondamentalement le même, la technologie redistribue les cartes, tant dans l’organisation et le fonctionnement des marchés financiers – on pense notamment au trading haute fréquence – que dans les titres négociés en bourse.

Facteurs personnels à considérer

Cependant, incapables de prévoir l’avenir, on peut encore imaginer que les échanges resteront très volatils, avec des mouvements d’ampleur variable, qui pourraient s’étendre sur plusieurs années. De ce point de vue, l’investisseur doit tenir compte de la durée minimale d’investissement qui lui permet de limiter le risque lié aux fluctuations des marchés actions. Sans oublier de s’assurer qu’il est bien doté de la résistance nerveuse et psychologique pour faire face au déclin parfois brutal et durable des marchés.

Ces recommandations traditionnelles et empreintes de bon sens peinent probablement à convaincre ceux qui ne jurent que par la Bourse et ses performances étonnantes au cours de la dernière décennie. D’autant plus que les obligations de la Confédération à 10 ans n’ont rapporté que 0,55% en 2020. Et il n’y a pas grand-chose à espérer de ce type d’instrument – censé limiter le risque lié aux actions – qui est grevé de taux négatifs depuis 2016 Comme le décrivent les analystes de Pictet, «la seule possibilité de rendements positifs pour les obligations suisses réside dans une nouvelle baisse des taux, avec pour conséquence une hausse des prix de nature à surcompenser le coupon négatif». De quoi inciter les acheteurs de nouvelles obligations qui devraient payer encore plus pour avoir le privilège de prêter leur argent!