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Le chômage menace 9 millions d’immigrants en Europe

Le chômage menace 9 millions d'immigrants en Europe
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Publié le vendredi 8 janvier 2021 à 12:31

La crise économique résultant des mesures restrictives liées à la pandémie frappe de manière très inégale. Des études ont déjà montré que le chômage frappe plus durement la main-d’œuvre peu qualifiée, les personnes à faibles revenus, les jeunes, les femmes et les minorités ethniques. Les caractéristiques socio-économiques renforcent les inégalités dans la société. Selon les économistes, plus la récession dure longtemps, plus les écarts se creusent.

Pour la première fois, une étude se penche sur l’emploi des immigrés non européens en Europe. Publiée cette semaine par le Centre for Economic Policy Research, elle fait partie de la série CEPR Covid Economics, éditée par Charles Wyplosz, professeur honoraire à l’Institut universitaire de Genève.

Les quatre risques du chômage

Les quatre risques du chômage

Sous le titre “Être en première ligne ? Immigrant Workers in Europe and the Covid-19 Pandemic”, Francesco Fasani, chercheur à l’université Queen Myra de Londres, et Jacopo Mazza du Centre commun de recherche de la Commission européenne, utilisent quatre critères clés pour estimer les risques de chômage pendant la période de la crise. Sur le même sujet : comment remplir un chèque banque populaire.

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Les travailleurs immigrés, qui représentent 15,8 % de l’emploi dans l’UE-15, l’UE avant l’élargissement de 2004, sont rendus vulnérables pour de nombreuses raisons. Par exemple, ils sont plus susceptibles que la moyenne d’être employés dans l’économie informelle ou d’avoir des contrats à durée déterminée. En outre, on les trouve plus souvent dans les secteurs les moins bien payés. Leurs économies sont généralement modestes dans le contexte d’une crise prolongée. Enfin, leur statut limite également leur accès aux prestations sociales. Ces vulnérabilités ne sont que partiellement compensées par leur mobilité généralement supérieure à la moyenne, selon Fasani et Mazza.

Les auteurs évaluent le risque de chômage des immigrants non européens selon plusieurs dimensions. Le premier critère est celui de l’emploi dans les branches qualifiées d’essentielles par les autorités. Les immigrés représentent 20 % de l’emploi dans les activités dites essentielles. Le second concerne la durée des contrats de travail. Le troisième tient compte de la capacité d’adaptation au télétravail, qui a été identifié comme le meilleur indicateur du risque de chômage pendant la pandémie. Le quatrième prend en compte les risques de perte d’emploi selon les différentes branches d’activité.

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Les deux économistes attribuent ensuite aux immigrants une cote de vulnérabilité allant d’un risque très élevé à un risque faible. Le risque très élevé concerne les travailleurs vulnérables selon les quatre critères.

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Différences entre les pays

La proportion d’immigrants à haut risque varie d’un pays à l’autre. Sur le même sujet : quelle banque choisir pour un pret relais. Elle dépasse 40 % en Allemagne et est limitée à 20 % au Luxembourg, en fonction des structures industrielles et de la durée des contrats.

Au total, 1,3 million d’immigrés sont à haut risque. Ils courent un risque très élevé de chômage pendant la crise du Covid-19. Leur risque de chômage est supérieur de 5,3 points de pourcentage à celui des autres Européens. Le nombre de personnes à risque s’élève à 9 millions si les auteurs incluent les personnes classées comme “à haut risque de chômage”. L’étude ajoute que les femmes courent un risque supérieur de 2,6 points de pourcentage à celui des hommes présentant des caractéristiques comparables (selon les quatre dimensions citées).