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Le directeur de l’UBS a intenté un procès aux Pays-Bas dès son entrée en fonction.

Publié le mercredi 9 décembre 2020 à 11:32
Modifié le mercredi 9 décembre 2020 à 16:12

L’UBS reste impassible. Mercredi, un tribunal néerlandais a ordonné que des accusations de blanchiment d’argent soient portées contre son nouveau patron, mais la banque, qui prend acte de la décision, a toujours “pleine confiance dans la capacité de Ralph Hamers à la diriger”. La décision sera prise lorsque le Néerlandais remplacera Sergio Ermotti en novembre.

Lisez la suite : L’UBS a un pionnier du numérique pour remplacer Sergio Ermotti.

L’affaire remonte aux années 2010-2016 et semble avoir été résolue en 2018, lorsque Ralph Hamers dirigeait ING. La banque avait été condamnée à une amende de 775 millions d’euros (834 millions de francs) pour un suivi insuffisant de certains de ses clients. Les autorités avaient décidé de ne pas poursuivre les individus.

Faible risque à court terme

Peu de risques à court terme

Cependant, la Cour d’appel de La Haye, tout en confirmant l’accord conclu il y a deux ans, a demandé au procureur d’enquêter sur le rôle de Ralph Hamers dans cette affaire, à la demande d’un groupe de plaignants. Lire aussi : Des montres à la banque suisse il n’y a qu’un pas…. Dans son communiqué de presse, ING “regrette la décision d’ordonner une enquête contre notre ancien président, qui va à l’encontre de l’évaluation faite par le procureur”. Ralph Hamers, qui a passé 29 ans au sein du groupe bancaire néerlandais, le dirige depuis six ans.

L’affaire n’a évidemment pas échappé à UBS. Lors de la conférence de presse annonçant la nomination du successeur de Sergio Ermotti en février dernier, le président de l’UBS, Axel Weber, a répondu à des questions sur l’affaire. Il avait assuré que la banque “avait mené un processus de diligence raisonnable très étendu et très complet avec le soutien de conseillers juridiques externes, tant en Suisse qu’aux Pays-Bas, concernant cette situation”. Il a poursuivi : “En plus de notre examen, la Finma a examiné et interviewé le candidat de manière approfondie et n’a soulevé aucune objection à sa nomination”. L’Allemand, qui est président de l’UBS depuis 2012, s’est dit “très confiant” que la banque “a pris en compte tous les arguments et fait le bon choix”.

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Faible risque

Luc Thévenoz, professeur de droit bancaire à l’Université de Genève, ne voit pas de conséquences graves à court terme. Lire aussi : Eurozone banks set to restart dividend payments under strict limits. La banque a exprimé sa confiance, tandis que “Finma, qui a dû consulter ses homologues néerlandais, ne décidera pas à la légère d’exiger qu’il quitte son poste lorsqu’il a accepté cette nomination, simplement à cause de cette décision”. De plus, ajoute Nicolas Ollivier, l’avocat de Lalive, Finma ne peut pas sanctionner un directeur ou la banque simplement parce qu’une procédure pénale a été ouverte contre ce directeur.

Selon l’évolution de l’enquête néerlandaise, dit Luc Thévenoz, “cela pourrait changer votre point de vue. Une condamnation de Ralph Hamers aux Pays-Bas, ou même des révélations au cours de l’enquête sur des faits importants, pourraient conduire la Finma à ouvrir sa propre enquête, et peut-être à remettre en cause la garantie d’une activité irréprochable, indispensable à l’exercice des fonctions d’un directeur de banque.

Luc Thévenoz, cependant, relativise les risques. Il considère, à ce stade, que le risque réglementaire et de réputation pour la banque est “relativement faible sur la base des informations actuelles”. L’UBS semble également confiante car plus une institution est grande, plus il est difficile de démontrer la culpabilité d’un directeur car les tâches sont divisées et déléguées à des subordonnés qui font souvent office de fusibles, ajoute Nicolas Ollivier.